« Mes photos s’attachent à observer l’expression de l’intime dans la sphère publique, en particulier celle du travail et de l’entreprise, les tiraillements auxquels le sujet est soumis, entre la posture codifiée qu’il révèle aux autres et ce qu’il exprime en dépit de sa volonté. Je laisse alors se révéler ce qu’il y a d’invisible et d’intime, de plus vulnérable dans les attitudes et dans les scènes les plus ordinaires. « L’enregistrement de la banalité m’intéresse moins que le dépassement d’une réalité pour en faire émerger une autre, pour chercher à montrer, ou plus simplement laisser s’exprimer la dimension littéraire des situations, des expressions les plus triviales ; si les effets principaux du cinéma, de la communication politique ou commerciale, de la publicité, sont de magnifier ou de donner à envier ou aimer des postures, des messages ou des sentiments, le travail du photographe tel que je le conçois est de grandir le banal en le parant des ornements du spectaculaire et, dans un même mouvement, de démystifier le spectacle permanent en le « réduisant » ainsi à l’ordinaire. Pour cela plutôt, je m’emploie à laisser s’exprimer la dimension épique du quotidien, à ériger le banal au rang du romanesque. » 

Nicolas Krief est né en 1967 à Paris. Diplômé d’un troisième cycle d’histoire contemporaine, il suit un parcours professionnel dans l’édition puis dans les nouveaux médias. En 2005, il choisit d’explorer d’autres modes de discours pour se consacrer exclusivement à sa production photographique. Il travaille pour la presse nationale, et des commanditaires privés et institutionnels. En tant que photoreporter, il est membre de Divergence Images.

Ses travaux personnels et travaux de commande le conduisent régulièrement à photographier l’Homme au travail, en particulier dans l’univers du tertiaire, et il poursuit une chronique de la vie rurale, ainsi qu’un travail documentaire sur les musées.

La manière dont NK produit ses images lui est primordiale : l’instantané prétend garantir la réalité de la scène ; et photographier la dimension littéraire du plus trivial n’a de sens que si elle s’exerce sur un matériau prétendu « neutre » car non encore modelé par le travail de l’artiste. Il travaille donc le plus souvent selon des conditions de reportage ; ses images sont des instantanés. Pas de mise en scène donc, pas d’éclairage d’appoint ni de flash, pas de matériel de pose.

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